Valérie F.

Conseillé par
30 juin 2024

Du burn- out à la recherche de ses origines; le parcours d'un prof.

C’est le point de départ de cette histoire, et non son déroulé, qui m’a attirée. En effet, le personnage principal est un enseignant qui, un jour, se retrouve incapable de bouger face à ses élèves. La cause ? Un profond burn- out. Pour en guérir, une seule solution : remonter le fil de sa propre histoire.
« On prend le pouls de mon psychisme, on s'applique à m'occuper, à me redonner le goût de vivre. On me drogue pour apaiser le mal qui me ronge. Mon père finit par employer le terme qui détermine mon mal- être : burn- out. Ce fameux état d'épuisement physique, émotionnel et mental lié au travail. » Thomas est un enseignant bienveillant et attentif. Un jour, alors qu’il apprend une mauvaise nouvelle concernant l’une de ses élèves, son corps se désolidarise de son esprit et il ne peut plus bouger.
« Personne ne se remet jamais d'un tel traumatisme, encore moins quand il survient si jeune. Je n'avais pas encore 5 ans quand elle est morte. Comment aurais-je pu la sauver ? » Thomas, pour se soigner, retourne en Bretagne, sa région d’origine. Il retrouve son père et pour lui, c’est l’occasion d’éclaircir les mystères qui entourent le décès de sa mère : est- ce un accident ou un suicide ?
« - Les secrets et la famille ne font pas bon ménage, dit- elle.
- Qui n'en a pas ?
- Des secrets ou une famille ?
- Les deux. » Thomas ne s’attendait pas aux révélations qui vont surgir au fur et à mesure de ses recherches sur le passé de sa mère. Hébergé dans un éco- village près de la demeure familiale, il tente de se reconstruire, notamment auprès de Jasmine et de son fils autiste.
Au final, une histoire vraiment touchante. L’auteure maintient un certain suspens entre les diverses révélations qui émanent des recherches de Thomas, et la lecture devient addictive dans ces moments- là. En plus, les personnages sont véritablement attachants. J’ai passé un très bon moment avec Thomas, collègue fictif qui m’a émue par son histoire personnelle.

Robert Laffont

18,90
Conseillé par
19 juin 2024

Un beau roman sur l’amitié et sur l’acceptation du deuil

Lorsqu’on se lance dans la lecture d’un roman de Serena Giuliano, c’est comme manger un bonbon « langue qui pique » ; on y retrouve à chaque fois cette délicieuse alternance entre douceur et acidité. Cap sur l’Italie, aux côtés de Valentina, organisatrice de mariages, qui vient de perdre sa meilleure amie, Azzurra. Entre le deuil et la nécessité de faire vivre son entreprise, la jeune femme est bien malmenée…
« Le soleil brille comme jamais. Non mais comment ose- t- il ?
Le ciel devrait être à mon image, en larmes. Il devrait pleuvoir comme je pleure, pleuvoir tout ce qu'il a dans le ventre, gronder, afficher une sale mine. » Le récit s’ouvre sur une jeune femme éplorée, qui n’arrive pas à faire face au décès de sa meilleure amie. Sous le soleil de Milan, elle peine à retrouver ses marques, son entrain, son envie de vivre.
« Il n'y a pas de congé accordé pour la perte de sa meilleure amie ? Pas même si elle était un double depuis la cour d'école, une sœur d'une autre mère, une jumelle d'un autre ventre ? » Valentina et Azzurra ne se quittaient plus depuis la maternelle. L’auteure retrace avec son héroïne les moments les plus marquants de cette amitié hors norme. Mais on sent que quelque chose de plus sombre s’est glissé entre les deux amies à un moment ou à un autre, par le biais de petites phrases, en fin de chapitre, qui jurent avec l’harmonie plus largement évoquée.
« On croit qu'on a la vie devant soi. On remet tout à plus tard, et on se laisse dominer par la peur, au risque de passer à côté de moments précieux... » Même si la vie reprend doucement le dessus, Valentina demeure nostalgique. Il y a eu des loupés, dans sa vie, dans sa famille, ainsi que dans son amitié avec Azzurra. Elle se livre à la fille de cette dernière, Bianca, par le biais de mails qui lui arriveront lorsqu’elle aura atteint l’âge de la majorité. L’amour qu’elle porte à cette petite, sa nièce, est la seule chose qui la fasse réellement tenir.
Au final, un beau roman sur l’amitié et sur l’acceptation du deuil. Le récit reprend le fil de cette histoire fusionnelle entre deux femmes en présentant tout d’abord les plus joyeux aspects, puis dévoile peu à peu un secret bien plus sombre… Une réussite ! Et j’ose espérer qu’il y aura bien une suite !

Conseillé par
26 mai 2024

Une romance qui réchauffe un mois de mai pluvieux !

Alors que ce mois de mai s’annonçait gris et pluvieux, ma libraire m’a vivement conseillé une romance à la couverture ensoleillée. J’ai donc plongé dans cette comédie romantique légère et souriante et d’actualité puisqu’il y est question de la saison des mariages et de la difficulté d’y être invité lorsqu’on n’est pas accompagné. Alors, « mariage pluvieux, mariage heureux » ?
« J'ai l'impression d'être dans une situation à la "Friends" où l'un des deux affirme qu'ils sont séparés, quand l'autre estime que c'est juste une pause. » Colyne, qui a toujours été allergique aux mariages, décide de quitter Vivien juste au moment où celui- ci lui fait sa demande, au mariage de sa sœur, devant 200 personnes et le genou à terre. Mais quitter un homme avec lequel on vit depuis deux ans implique de se réinventer une nouvelle vie. C’est donc à la recherche d’un nouveau logement qu’elle va rencontrer Alex, qui cherche une colocataire.
« Nous sonnons, et après quelques minutes d'attente, la porte s'ouvre sur un homme (jusque- là pas de surprise), bien trop beau pour être honnête. » Quelle n’est pas la surprise de Colyne lorsqu’elle visite la colocation ; comment un homme aussi beau peut- il être célibataire ? Les rumeurs qui vont lui parvenir vont lui donner un brin d’explications : Alex est un fêtard et un incorrigible coureur de jupons !
« Tu n'es plus à deux ou trois mariages près, alors ! Je suis d'excellente compagnie lors des cérémonies, tu sais. Tu devrais m'emmener avec toi à chaque fois et moi, je t'emmène aux miens. » Nos colocataires vont profiter de leur bonne entente pour se soutenir lors des célébrations familiales durant lesquelles on leur reproche incessamment leur statut de célibataire. Et de fil en aiguille…
Au final, une romance qui réchauffe le cœur. L’écriture de Tamara Balliana est fluide, captivante et ses piques d’humour m’ont fait sourire plus d’une fois. Une lecture – doudou, pleine de bons sentiments et qui fait du bien au moral.

Fleuve Editions

18,90
Conseillé par
18 mai 2024

Une lecture avec ascenseur émotionnel inclus

Carène Ponte sait toujours bien amener et traiter les sujets sensibles grâce à une petite touche d’humour qui lui est propre et qui marche à chaque coup. Ce road- trip est construit sur le désir d’une quadragénaire de réaliser son rêve d’adolescence : chanter à Broadway. Et pour l’accompagner, qui de mieux que sa meilleure amie ? Sauf que Lola est une multi- phobique, qui vit enfermée chez elle…

« Comment le mot "dissertation" pourrait- il rivaliser avec "chômage" ou, pire, "licenciement" ? On reprendrait presque un peu de peur des épinards pour la peine. » Il y a des mots qui nous font mal aux oreilles, à tout âge. Mais quand viennent ceux qui ont un rapport avec la maladie, et pire encore, la fin de vie, on préfèrerait ne plus rien entendre. Ginger s’en rend compte avec douleur lorsqu’on lui annonce une récidive de son cancer.

« Je vis avec la peur, l'anxiété, les phobies depuis tant d'années que j'hésite parfois à leur dresser un couvert quand je m'installe pour dîner. » La meilleure amie de Ginger, Lola, vit comme une recluse. Traductrice de romans à domicile, elle mesure ses journées à coup d’unités d’angoisse et évite toute relation sociale. Ginger est une exception dans sa vie ultra- mesurée. Et c’est bien pour cette unique raison qu’elle va oser passer outre ses nombreuses phobies et la suivre jusqu’aux Etats- Unis.

« Aimer, c'est peut- être accepter de souffrir. Mais ne pas aimer, c'est mourir. » Les deux amies, une fois sur le sol américain, vont avoir à se soutenir l’une l’autre. Et de belles rencontres vont les aider à faire de ce séjour une étape inoubliable de leur vie.

Au final, une lecture avec ascenseur émotionnel inclus. Carène Ponte manie très bien le passage du rire aux larmes. J’ai été une nouvelle fois conquise par sa plume. Lola et Ginger sont rapidement devenues comme des amies pour moi et je regrette déjà de les avoir quittées !